Guide · Construction  ·  3 min de lecture

Voilier écologique : ce que le bois change vraiment

Matière renouvelable, légèreté, durabilité, réparabilité, fin de vie : ce qu’un voilier en contreplaqué-époxy change vraiment à l’empreinte d’un bateau, sans greenwashing.

Qu'est-ce qu'un voilier écologique ?

Un voilier avance au vent, ce qui en fait déjà l’un des moyens de voyager les plus sobres. Mais un bateau a aussi une empreinte liée à sa construction, à son usage et à sa fin de vie. Parler de voilier écologique suppose de regarder les trois, sans se limiter à un argument de matériau.

Ce guide fait le point honnêtement sur ce que la construction en bois apporte, et sur ses limites.

En résumé : les vrais leviers

LevierCe que le bois changeLimite
MatièreStructure majoritairement en bois, ressource renouvelableRésine époxy et peinture d’origine fossile
LégèretéMoins de voilure et de moteur pour avancerDépend aussi de l’équipement embarqué
DurabilitéPas d’osmose, coque qui dure des décenniesSuppose un entretien suivi de la peinture
RéparabilitéRéparations simples, partoutSavoir-faire époxy nécessaire
Fin de vieFilière de déconstruction APERComme tout bateau de plaisance

Le bois, une matière première renouvelable

Le contreplaqué marine est fabriqué à partir de bois, une ressource qui se renouvelle, là où la coque d’un voilier de série repose sur des fibres de verre et des résines polyester issues de la pétrochimie. C’est l’une des raisons pour lesquelles RM a choisi ce matériau.

Le bois apporte aussi, à poids égal, une excellente rigidité : la structure d’une coque RM combine des panneaux de contreplaqué et des cloisons collées qui répartissent les efforts.

le contreplaqué - RM Yachts
Le contreplaqué marine : des plis de bois croisés et collés, la base des coques RM.

L'époxy : la part qu'il faut assumer

Soyons clairs : l’encapsulation se fait avec de la résine époxy, elle aussi d’origine pétrochimique, et la coque est peinte. Un voilier en contreplaqué-époxy n’est donc pas un bateau « sans plastique ».

La différence tient aux proportions : le bois forme l’essentiel de la structure, la résine sert à le protéger et à le coller. Présenter un tel bateau comme entièrement naturel serait inexact ; le présenter comme plus sobre en matière d’origine fossile qu’une coque tout polyester est défendable.

La légèreté, un gain à chaque mille

Un bateau plus léger demande moins de voilure pour avancer, accélère plus vite dans le petit temps et recourt moins souvent au moteur pour tenir ses horaires. Sur la durée de vie d’un voilier de voyage, c’est du gasoil en moins à chaque saison.

À longueur comparable, le RM 1180 pèse 7,7 tonnes à vide, quand des voiliers de série de douze mètres affichent de 8 à près de 10 tonnes.

Durer et se réparer : le premier levier

Le bateau le plus écologique est souvent celui que l’on garde longtemps. Une coque en contreplaqué-époxy bien entretenue traverse les décennies, sans osmose, et se répare avec des moyens simples, sans remplacer de grandes pièces.

Cette réparabilité prolonge la vie du bateau et limite les pièces à fabriquer. Notre guide entretien d’un voilier en contreplaqué-époxy détaille les bons gestes.

À bord : l'énergie et l'usage

L’essentiel de l’empreinte à l’usage vient du moteur et de la production d’électricité. Panneaux solaires, hydrogénérateur, batteries au lithium et dessalinisateur permettent aujourd’hui de vivre au mouillage sans faire tourner le moteur pour recharger.

Le choix des antifoulings, la gestion des eaux noires et la sobriété à bord complètent le tableau : ce sont des décisions du propriétaire autant que du chantier.

Voilier RM au mouillage vu du ciel, eaux turquoise de Raiatea en Polynésie
Au mouillage à Raiatea : l'énergie solaire permet de vivre à bord sans faire tourner le moteur.

Et en fin de vie ?

En France, les bateaux de plaisance hors d’usage peuvent être confiés à la filière de déconstruction organisée par l’APER, l’éco-organisme de la plaisance, qui prend en charge leur démantèlement et le traitement des matériaux.

Allonger la durée de vie reste toutefois le levier le plus efficace : un voilier qui navigue quarante ans au lieu de vingt divise par deux l’impact de sa construction rapporté à chaque année d’usage.

Aller plus loin

Comment sont construites les coques RM, et comment les entretenir pour les faire durer.

questions fréquentes

Sa structure repose majoritairement sur une ressource renouvelable, il est plus léger et il dure longtemps s’il est entretenu. Mais l’époxy et la peinture restent d’origine fossile : c’est un voilier plus sobre, pas un bateau sans plastique.

Du contreplaqué marine entièrement encapsulé dans la résine époxy puis peint. Le bois forme la structure, la résine le protège de l’eau et le colle.

La durée de vie : garder et entretenir un bateau longtemps réduit l’impact de sa construction rapporté à chaque année d’usage.

En France, il peut être confié à la filière de déconstruction de l’APER, l’éco-organisme de la plaisance, qui prend en charge son démantèlement.

En produisant l’électricité à bord avec le solaire et l’hydrogénérateur, en limitant l’usage du moteur, et en choisissant soigneusement antifouling et gestion des eaux noires.