RM1260, coqueluche des journalistes

Martin Lepoutre, trophée du Bateau européen de l'année en mains, sur le pont du lauréat, le RM 1260 que le chantier produit depuis mai dernier.
Article du journal Sud Ouest
Nautisme : un lauréat européen
Le RM 1260 est la coqueluche des journalistes nautiques. Ils viennent de lui décerner le prix du Bateau européen de l'année. Une première pour Fora Marine, à Périgny.
«C'est une distinction honorifique. C'est toujours bon à prendre. Et, stratégiquement, elle assied une crédibilité sur le marché européen, la marque devient une référence. »
La marque qui vient d'être distinguée par le prix du Bateau européen de l'année (European yacht of the year), c'est Fora Marine, le chantier naval de Périgny, dans l'agglomération rochelaise.
Samedi 19 janvier dernier, un jury de 11 journalistes spécialisés de la presse nautique, élisait son RM 1260, dans la catégorie des croiseurs familiaux (1). Une première dans l'histoire de l'entreprise que dirige Martin Lepoutre, laquelle, depuis le prix franco-français du Bateau de l'année, n'avait pas eu droit aux feux de la rampe. C'était il y a déjà treize ans. Et jamais, en tout cas, l'entreprise n'avait atteint le niveau de consécration continental.
L'année des consécrations
Au printemps dernier, le croiseur tout juste mis à l'eau se retrouvait ainsi dans la liste des cinq nominés du concours qu'organise la revue « Yacht ». Quatre poids lourds sortis de gros chantiers industriels se trouvaient sur la route de cet habitable conçu et produit par une PME : le Bavaria Vision 46 (Allemagne), le Delphia 31 (Pologne), le Hanse 415 (Allemagne) et le Sun Odyssey 69 du Français Jeanneau.
« Être à ce niveau-là, c'était déjà fantastique », jubile Martin Lepoutre. Comme il savoure la reconnaissance que lui accordait, en novembre, LE magazine de référence international, l'Anglo-Saxon « Yachting World », qui ouvrait sa « une » au 1260.
C'est au moment des essais en mer, réalisés à La Spezia (Italie), que le RM 1260 a distancé ses concurrents. Le sacre était au bout de ces tests.
Qu'en attendre aujourd'hui ? « Les confrères m'ont tous dit que, dans les douze mois, il y aurait un impact sur les ventes en Europe (lire ci-contre). L'an dernier, nous avons vendu 32 bateaux. Si l'impact du prix porte sur cinq ou six bateaux, cela induira une augmentation du chiffre d'affaires de 20 %. C'est énorme. Une telle hausse serait déjà fantastique ! »
Ce prix arrive comme un bonus pour un modèle qui était déjà bien né. Neuf mois après son lancement, le chantier vient en effet de livrer la neuvième unité, et il cumule un total de 17 commandes.
« À notre échelle, c'est unique, se réjouit le PDG. Pour comparer, le RM 1200, qu'il a remplacé dans notre gamme, a mis trois ans pour atteindre ce volume de ventes. »
Son design, son intérieur…
La force du 1260 ? « C'est la question que j'ai posée aux journalistes du jury. Leur réponse est la suivante : son design, son aspect visuel très typé (un plan Lombard). Il marche très bien : pendant la semaine d'essai, il y avait peu de vent, il avançait comme une fusée quand d'autres restaient collés sur l'eau. Autre atout : son intérieur. Il est extrêmement lumineux. »
À ces qualités propres au modèle s'ajoute une constante qui fait l'originalité de la démarche industrielle du chantier, sûrement distinguée, elle aussi, à travers ce prix. C'est le procédé retenu pour la construction des coques, en contreplaqué époxy. Fiable et léger, il participe aux performances des RM.
Une prudence de Sioux
Au commencement de l'histoire, le cahier des charges remis à l'architecte, le Rochelais Marc Lombard, et au bureau d'études du chantier, était simple. Sur le papier en tout cas. À savoir, concevoir « le 40 pieds (12 mètres) le plus beau, le plus racé et le plus rapide des voiliers de croisière ».
En deux versions (biquille et monoquille), moderne et stable. « Je pense que nous avons à peu près réussi », se réjouit, sans fausse modestie, le dirigeant du chantier. 200 000 euros investis et un retour positif sur investissement, avec les premières marges dégagées à compter du sixième modèle produit.
Les voyants sont donc au vert, avec ce modèle mis en vente hors options à 235 000 euros. Mais le contexte économique interdit le triomphalisme. Alors même que Fora Marine est « un des rares chantiers à avoir retrouvé ses chiffres de 2008 », à travers une hausse de 22 % du chiffre d'affaires l'année dernière. Alors même que « le carnet de commande est bon, mais pas exceptionnel ».
Martin Lepoutre a la prudence des Sioux quand il déclare ne pas être « serein. Le marché reste extrêmement difficile. Chaque année est un nouveau match à gagner ».
(1) Un autre voilier rochelais, le Dufour 36 Performance, a été élu Bateau européen de l'année, mais dans la catégorie Performance. Tandis que l'Amel 55, produit lui aussi dans l'agglomération, était l'un des cinq nominés de la catégorie Yachts de luxe.
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